mardi 13 juin 2017

Nouveauté: les accessoires Manduca

Ils viennent d'arriver et seront prochainement dispatchés auprès de nos monitrices:



  • le Size it, une sangle rembourrée permettant de resserrer le bas du tablier du Manduca, de manière à dégager plus facilement les tibias et les pieds d'un nouveau-né. Installer un nouveau-né en porte-bébé préformé n'est pas toujours aisé, car les dimensions du tablier (le dossier du porte-bébé) sont en général prévues pour couvrir la période d'âge allant de grosso modo 6 mois à 2 ans. Le tablier sera donc trop grand et trop large pour un tout petit bébé. Si les parents souhaitent néanmoins utiliser ce genre de porte-bébé dès la naissance, on parvient souvent à l'adapter de manière acceptable moyennant l'une ou l'autre astuce. Par exemple avec une sangle de réduction. Le Size it pourra être testé chez: Anne, Claire, Marie.



  • l'Extend est un tablier permettant d'élargir l'assise et de mieux soutenir les cuisses d'un enfant qui grandit. Il se fixe au Manduca au niveau de la ceinture et des bretelles. Il est recommandé à partir de 18 mois. L'Extend pourra être testé chez: Anne, Frédérique, Marie. 

samedi 27 mai 2017

Le portage, tout court




Je crois que vivre et apprendre sont des synonymes. Je crois que toute forme de vivant est une forme qui évolue et que l’apprentissage est justement la force de cette évolution, de ce changement.
Je crois que nous alternons des phases (plus ou moins longues) de certitude (plus ou moins prononcée) et des phases de doute et de déconstruction des anciennes certitudes.
Je crois que le doute et la déconstruction sont de formidables outils d’apprentissage.

C’est mon credo et c’est sur cela que repose notamment mon travail de monitrice de portage, commencé en juin 2010, lorsque j’ai suivi ma première formation et que, dans la foulée, j’ai lancé mes ateliers.

À l’époque, j’avais décidé de transmettre ma passion pour le portage physiologique, celui qui respecte le bébé, son anatomie, son développement psychomoteur et ses besoins, le besoin de contact avant tout.

En sept ans d’activité dans ce microcosme qu’est « le monde du portage », ma passion est restée intacte, mais ma vision du portage a beaucoup évolué. Un peu grâce à ma propre pratique, mais surtout grâce à deux éléments.

Tout d’abord les rencontres, parfois uniquement virtuelles, d’autres fois en chair et en os, avec des collègues avec qui j’ai pu avoir d’authentiques échanges, c’est-à-dire dont l’objectif n’est pas de me rassurer sur mon propre point de vue, mais où ce que je sais est complété, enrichi, mais parfois aussi défié, questionné par mon interlocuteur. Cet échange peut avoir lieu au moment-même de la discussion, dans l’affrontement des positions, mais souvent l’échange a lieu plus tard et en moi-même, lorsque je me remémore une remarque entendue, un regard enregistré, une question … Ce sont parfois des années qui passent avant qu’une critique soit digérée ou que le point de vue d’autrui soit enfin compris !  

Ensuite, les parents et les bébés rencontrés en atelier. Tous différents, tous uniques, ils et elles m’ont appris à trouver ma place dans le triangle parent-bébé-monitrice. Et si je considère cette place, il ne s’agit en fait pas d’un triangle. Je me demande même si je devrais représenter, dans ce schéma, où est-ce que je me situe, tellement ma place, telle que je la conçois, est infime. Dans un triangle, le troisième point a autant d’importance que les deux autres. Mais ce n’est pas de moi qu’il s’agit ! Je ne souhaite pas non plus être un guide, celle qui montre le chemin à suivre pour réussir à porter son bébé. Non, je me vois davantage comme une caisse de résonnance pour la corde que le parent et le bébé tendent de tendre à ce moment-là, ce jour-là. Cette image parle à la guitariste que je suis à mes heures perdues.

Ma place est nulle part, sinon à côté du parent. Le parent qui n’est pas obligé d’expliciter vis-à-vis d’une monitrice inconnue tout ce qui motive sa venue. Le parent qui est majeur et suffisamment intelligent pour faire ses propres choix. Le parent, qui nous parle et nous écoute aussi avec ses émotions. Mon savoir, aussi pointu qu’il soit, même accumulé sur des années d’expérience, n’est pas au-dessus ou en avant du parent et de tout ce que lui apporte lorsqu’il ou elle vient en atelier.

Voilà pourquoi, le portage que je défends aujourd’hui, c’est le portage tout court. Celui que le parent a choisi en arrivant, celui qu’il choisit de découvrir pendant l’atelier, celui auquel il adhère enfin. L’appui à l’entrejambe, saisir l’enfant sous les aisselles, laisser les pieds à l’intérieur du dossier, le portage face au monde … tant de choses que proscrivent nombre de monitrices ! Ce faisant, elles risquent de couper les ailes au parent. Elles défendent bec et ongle la physiologie, jusqu’à en oublier la relation entre le parent et l’enfant, au cœur de ce qui se joue.

Je n’ai pas abandonné le concept de physiologie, parce qu’il garde sa pertinence, mais je ne l’introduis plus aussi vite lorsque je m’adresse aux parents. En général, j’attends que ce soient eux qui le mentionnent, puisque souvent, ils se sont déjà informés.

En revanche, je parle davantage d’ergonomie. Je crois que le confort (du bébé, du porteur) est une notion utile parce que c’est une expérience sensorielle directe. Je ne peux pas faire de radio de la hanche, ni effectuer des mesures, mais je peux dire si quelque chose m’est confortable ou pas, si je peux me mouvoir de manière satisfaisante ou pas.

Je parle du portage pratique, celui qui correspond à mon mode de vie, à mon mode de déplacement, aux contraintes auxquelles je devrai faire face … si mon outil de portage répond à tout cela, alors il y a de fortes chances que je m’en serve régulièrement et pas seulement occasionnellement.

Je parle du portage comme d’un outil parmi d’autres : utilisé intensivement par certains, ponctuellement par d’autres, car il existe tant d’autres manières de prendre soin de son enfant. Une écharpe est un objet qui peut aussi ne pas passionner. Nouer une écharpe n’est pas une fin en soi, c’est un mode de parentalité, une manière de décliner, de vivre cela, un geste qui, s’il est porteur d’un sens immense pour moi, peut être anodin, interchangeable pour quelqu’un autre, voire même le rebuter.

À force de lire qu’il ne faut surtout pas porter comme ceci ou comme cela, je me demande parfois si ma non-orthodoxie n’a pas fait de moi une mauvaise monitrice. Ces petits moments de doute, toujours utiles pour me questionner sur mes automatismes ou mes limites, me font réaliser le chemin parcouru. J’en suis surprise et heureuse.

jeudi 19 janvier 2017

Nouvelle édition de "Peau à peau"

Dans le monde du portage et, plus largement, de la parentalité, Ingrid van den Peereboom est un nom illustre. Elle a co-fondé et animé le réseau Peau à peau pendant de longues années, accompagné des familles, formé des personnes à la transmission des techniques du portage. Elle a écrit de nombreux articles sur le portage pour la revue Grandir Autrement. Et elle est également l'auteur de l'ouvrage de référence Peau à peau, paru pour la première fois en 2006 aux éditions Jouvence.

Voici que la maison d'édition le ré-édite sous un nouveau titre, "Technique et pratique du portage". Le contenu est sensiblement le même, mais l'annuaire des ateliers a été actualisé!


lundi 2 janvier 2017

Conférence sur le portage à Anvers

Nos collègues côté flamand, les Draagconsulenten Vlaanderen, organisent - déjà pour la deuxième fois - une conférence sur le portage. Elle se tiendra à Anvers les 10 et 11 mars prochains. Les interventions et ateliers seront en anglais et néerlandais.
Jusqu'au 15 janvier, les tickets sont à prix réduit!

Nos monitrices Claire et Anne seront présentes. Nous avons hâte de connaître leurs impressions. 



jeudi 20 octobre 2016

Trucs et astuces pour régler son ring sling dans la vraie vie


Celle où on ne prend pas le temps de répartir les fronces entre les anneaux avant d'installer bébé!



En atelier, je répète souvent à propos du ring sling que la seule précaution à prendre impérativement-à-chaque-installation!, c'est de bien répartir les fronces entre les anneaux avant d'installer bébé. Petit rappel: le "ring sling" est une écharpe de portage courte (en général moins de 2 mètres) dont l'une des extrémités est munie de 2 anneaux (en général en aluminium). Le ring sling fonctionne selon le même principe que les ceintures à double boucle (lanière enfilée dans les boucles et ré-enfilée dans le sens inverse entre les deux boucles pour la coincer), sinon qu'on ne porte par autour de sa taille, mais en bandoulière sur une épaule.
Veiller à ce que les plis du tissus soient répartis de manière harmonieuse, régulière entre les anneaux permet au tissu de ne pas rester coincé dans les anneaux au moment du réglage, mais de coulisser facilement. Un tissu bien réglé sur le corps du bébé, c'est la garantie d'une installation réussie et sécure. La position de Bébé contre le porteur est stable, Bébé ne ballotte pas dans la poche et, s'il est assis bien profondément, il ne risque par conséquent pas de glisser ou de se décapsuler.

Dans ma pratique quotidienne, je ne prends pas toujours le temps de répartir les fronces comme je le recommande. J'aimerais donc vous présenter une astuce pour obtenir malgré tout une poche bien ajustée. C'est une astuce du bras qui tire sur le pan pour l'ajuster, donc le bras correspondant à l'épaule porteuse.

Vous savez peut-être déjà qu'il est recommandé de régler le pan
  • pli par pli, de façon à ce que la poche épouse au plus juste le petit porté et le soutienne efficacement
  • en tirant les plis non pas tous vers le bas, mais de la direction "d'où ils viennent" ou encore "comme les rayons du soleil". C'est-à-dire que l'ourlet supérieur, couvrant la nuque de bébé, sera par exemple tendu horizontalement, en direction de la nuque. Et que l'ourlet inférieur, passant dans le pli des genoux de Bébé, sera tendu verticalement, en direction de la jambe de Bébé. Pourquoi? Eh bien parce qu'ainsi on évite que les plis ne se superposent et ne se bloquent mutuellement entre les anneaux. Non seulement on répartit bien les fronces du tissu avant l'installation, mais on fait aussi attention aux fronces pendant l'installation. 

À présent, j'ajoute ceci: lorsque vous réglez le pan
- vous pouvez, au lieu de tirer le pli uniquement avec votre main et votre avant-bras, utiliser tout votre bras et tirer les plis aussi loin de votre corps. Si votre bras tire vers l'avant au lieu de rester le long de votre corps ou de celui de bébé, il permet au tissu de coulisser même si les fronces n'ont pas été correctement réparties. Pourquoi? Je suis nulle en physique, mais mon hypothèse est qu'en étendant le bras vers l'avant, la traction effectuée sur le tissu surélève légèrement l'anneau en aluminium qui le coince, permettant ainsi au tissu de mieux glisser.

J'ai fait une petite vidéo qui, j'espère, sera plus parlante que mes longues explications!



Pour terminer, j'aimerais encore lister deux trois astuces supplémentaires pour une installation réussie en sling.
  • Si mon sling est beaucoup trop lâche et que le pli par pli s'annonce long et fastidieux, j'aime saisir tout le pan libre avec ma main et le tendre une première fois, de nouveau en éloignant ma main de mon corps, jusqu'à ce que le tissu se retrouve en-dessous des fesses de Bébé. Si vous avez peur qu'en tendant toute la largeur du pan en une fois, sans faire de pli par pli, vos fronces bien réparties soient dérangées, vous savez maintenant que ce n'est pas grave, puisqu'on peut ajuster la poche même si les plis se superposent un peu entre les anneaux. 
  • Si vous portez bébé devant vous ou sur le côté, évitez d'avoir du mou dans votre dos. Au moment où vous glissez les jambes de Bébé dans le sling, saisissez le tissu comme une corde, plaquez le tissu dans votre dos et ramener le tissu lâche vers l'avant. Profitez de ce geste pour placer les anneaux bien haut sur votre épaule.
  • Autrefois, je commençais par créer une assise profonde pour Bébé et je terminais par mon réglage pli par pli. À présent, je commence par tendre une première fois l'ourlet supérieur, de manière à caler mon enfant contre moi et pour éviter qu'il ne se jette en arrière et ne bascule. Ensuite, je travaille l'assise de mon enfant, et puis je termine le réglage des plis du tissu, du dos jusqu'aux genoux.



mercredi 19 octobre 2016

Retour sur le salon Babydays

Nous avons participé il y a quelques semaines au salon Babydays à Bruxelles, un évènement pour les futurs et jeunes parents, où ils peuvent découvrir une multitude de marques de puériculture mais aussi s'informer sur tout ce qui a trait à la périnatalité et la petite enfance. Claire et Marie de La tête dans les nouages ainsi que d'autres monitrices de Belgique et du Nord-Pas-de-Calais ont tenu un stand de promotion du portage.

Merci à nos collègues Véronique, Sarah, Anne, Valérie et Laura!



mercredi 12 octobre 2016

Le capacitisme dans la communauté du portage

Parmi les nombreuses ressources en langue étrangère que je ne peux pas traduire en français - faute de temps! - il y a cet article rédigé par Katie Nicolai et intitulé Ableism in the Babywearing Community.

"Ableism", en français capacitisme (je ne suis pas sûre que ça se recouvre complètement avec le validisme, mais du moins partiellement), c'est la discrimination de personnes en fonction de leurs capacités physiques et/ou mentales. Dans son article, Katie Nicolai dénonce les règles de sécurité en portage édictées par les éducateurs, les écoles de portage et qui excluent de facto bon nombre de familles, parce qu'elles ne peuvent pas être appliquées à des bébés se développant à un rythme différent de la norme ou présentant des besoins particuliers.