samedi 24 août 2013

Le Bondolino - le porte-bébé hybride de Hoppediz



Dans la palette toujours plus large des moyens de portage physiologiques, il y a les nouveautés (comme la Petite écharpe sans noeud dont on vous parlait ici), les objets de convoitise (les écharpes tissées main!), les valeurs sûres bien sûr (par exemple l’écharpe en sergé brisé) … et il y a les méconnus.

Le porte-bébé dont il est question aujourd’hui, le Bondolino appartient à cette dernière catégorie – en tout cas dans les pays francophones, où il fait assez rarement partie de la portebébéthèque des monitrices. Dans son pays d’origine en revanche, en Allemagne, il est plébiscité par une foule de parents porteurs (et d’enfants portés !) depuis des années déjà. C’est que le Bondolino ne manque pas d’atouts !

Ingo et Annette Schröder, qui dirigent la firme de porte-bébés et objets de puériculture Hoppediz, ont créé le Bondolino en 2007 pour proposer une alternative simple et confortable à l’écharpe de portage.

À La tête dans les nouages, il a été testé avec Maëlle, 3 mois, et Aimé, 12 mois.


Bretelles et ceinture


Le Bondolino appartient à la catégorie des « mei tai », ces porte-bébés à quatre lanières d’inspiration asiatique, mais il emprunte plusieurs éléments au porte-bébé « préformé », rembourré et à boucle, qui est en réalité une réinterprétation occidentale, modernisée du mei tai traditionnel.
Comme sur un mei tai, le Bondolino possède deux longues bretelles qui passent sur les épaules du porteur. Larges et moelleuses au début, grâce à leur épais rembourrage, elles deviennent ensuite étroites et plates pour garantir au porteur une grande liberté de mouvement et éviter de l’encombrer de tissu.


Les deux lanières inférieures en revanche sont remplacées par une large ceinture ventrale, renforcée et surpiquée et qui se ferme tout simplement par une attache velcro. La fameuse fermeture en velcro du Bondolino ... Beaucoup de porteurs préfèrent l’apparente sécurité d’une boucle en plastique comme système de fermeture à un velcro qui soi-disant risquerait à chaque instant de se dé-scratcher. Et pourtant, l’essayer, c’est l’adopter. La bande en velcro, judicieusement cousue de manière à ce que la face « crochet » ne soit pas en contact avec les jambes de bébé, est longue et large et donc particulièrement solide. Il suffit d’être précautionneux lorsque vous lavez votre porte-bébé en machine, puis bien sûr au moment de porter votre enfant, en superposant correctement les deux parties de l’attache, et vous profiterez pleinement de cette ceinture hyper-confortable, sans élément en plastique dur qui rentre comme un clou dans votre abdomen.


Les seuls inconvénients que nous avons pu trouver à ce système sont, tout d’abord, que lorsqu’on l’ouvre, il est un peu plus bruyant que le clips d’une boucle. Si votre bébé est vite dérangé par le bruit, il faudra donc peut-être garder le porte-bébé vide sur vous. D’autre part, la ceinture à velcro est plus difficilement ajustable une fois installée qu’une boucle dont on peut serrer et desserrer la sangle.
Le Bondolino se décline en plusieurs versions pour s’adapter à toutes les carrures de porteurs : la version « slim-fit », aux bretelles plus étroites et à la ceinture ventrale plus courte, conviendra aux personnes menues. Pour une personne de corpulence large, une extension spéciale, également en velcro, permet d’élargir la ceinture ventrale de la version standard.
Les bretelles et la ceinture du Bondolino, si distinctives, assurent au porteur un très grand confort, permettant ainsi de porter longtemps (ex. une longue randonnée, rentrer d’une virée de shopping en portant plusieurs sacs) sans exercer de pression douloureuse sur les épaules ou  sur le ventre. Et le bébé ? L’avantage du système « mei tai », avec ses bretelles à nouer, est que l’on peut très facilement envelopper bébé dans le porte-bébé en plaçant ses fesses bien au fond du dossier et en ajustant la tension des bretelles à sa posture et à sa tonicité.


Le dossier


 Le dossier du Bondolino est rembourré sur les côtés, des coins inférieurs aux coins supérieurs, ce qui confère au dossier une certaine tenue, sans pour autant être dur et plaquer le dos de bébé contre le porteur. En effet, des coutures supplémentaires accentuent l’ergonomie de la poche, en la creusant pour faciliter une installation en assise profonde. Quant à la partie centrale du dossier, celle effectivement en contact avec la colonne vertébrale de l’enfant, elle est juste en tissu, sans point de pression étranger. La courbure naturelle du dos de bébé est donc respectée.



En mei tai, les côtés du dossier ont tendance à bailler lorsque le dos de l’enfant est correctement enroulé. Il me semble que le molletonnage du Bondolino atténue cet effet qui peut compromettre le bon maintien d’un nouveau-né. Mais surtout, il crée une zone d’appui douillette pour les cuisses de bébé : pas de cisaillement, pas de marques rouges sur la peau !
La hauteur du dossier n’est pas réglable : un bébé de petit gabarit risque de se retrouver enfoui dans le porte-bébé, et les bretelles remontant sur les épaules du porteur gêneront son visage. Pour dégager sa vue, mais surtout ses voies respiratoires et pour lui offrir un meilleur maintien dans le dossier, vous pouvez tester une variante du portage ventral, l’installation « enveloppée-croisée ».



L’assise est large (24 cm), certainement trop large pour un nouveau-né qui n’écarte pas encore ses cuisses. Si le Bondolino est recommandé par le fabricant dès la naissance, je préfère cependant ne pas conseiller d’emblée l’installation classique, pieds en dehors du dossier, à tous les nouveaux-nés. Il faudra tester, tâtonner pour trouver une solution adaptée à la physiologie individuelle de l’enfant (par exemple, garder les jambes repliées à l’intérieur de la poche) … ou choisir un autre moyen de portage qui ne force pas l’abduction des cuisses.
La largeur de l’assise peut être légèrement adaptée moyennant deux ailettes que l’on boutonne de part et d’autre du bord inférieur de dossier. Elles permettent de gagner 9 cm (33 cm).


Certes, ce n’est pas un réglage aussi fin que sur les mei tai évolutifs qui ont le vent en poupe pour le moment. Quand cela ne suffit plus, on peut soutenir les jambes de l’enfant en repassant les bretelles dans les creux des genoux.

La matière



Les habitués de l’écharpe tissée apprécieront de retrouver le toucher caractéristique du tissage « sergé brisé », particulièrement indiqué pour le portage grâce à son élasticité en diagonale, sa solidité et le soutien qu’il offre. Le Bondolino est entièrement réalisé en coton sergé brisé (excepté l'appui-tête). Et tout comme les écharpes de la même marque, il existe en deux versions (même trois, si on compte les modèles en coton bio): la version standard et la version « légère », fabriquée à base d’un fil plus fin. Récemment, la gamme a été complétée par une série en popeline de coton, une étoffe très lisse, légère et qui donne une touche plus habillée, moins « rustique » au porte-bébé.

Les accessoires


Vous trouverez attachée à une bretelle du Bondolino une espèce de lacet, du même tissu que le porte-bébé : il remplit la fonction de la sangle transversale que vous connaissez si vous utilisez un « préformé ». Le lacet, que l’on enfile entre une ou plusieurs paires d’oeillets, permet de reserrer les bretelles entre elles et d’éviter qu’elles n’appuient sur vos aisselles quand vous portez bébé sur le dos et que les bretelles sont nouées à la manière d’un sac-à-dos.


Autre accessoire : un croisillon en plastique légèrement flexible. En portage ventral, cet élément peut servir d’aide pour les personnes moins souples de leur bras ou qui ont difficile à effectuer l’inversement gauche-droite des bretelles dans leur dos. On enfile au préalable les bretelles dans les fentes du croisillon, puis, au moment d’installer l’enfant dans le porte-bébé, il suffit de passer les bretelles déjà croisées par-dessus sa tête – et le tour est joué ! Cependant, l’usage du croisillon déplace le point de pression vers le bas du dos, ce qui peut être ressenti comme étrange voire désagréable.


En haut du dossier, une têtière en tissu permet de soutenir la tête de bébé quand il dort et d’éviter qu’elle ne ballote. Ses dimensions sont généreuses, permettant de réelement couvrir le crâne de l’enfant ... ou bien de s’en servir plus tard comme prolongement du dossier pour porter un bambin. En portage ventral, le cale-tête se fixe aux bretelles avec des velcros. En portage dorsal, le système est particulièrement ingénieux : on serre le cale-tête moyennant des cordons qui coulissent à travers des passants jusqu’aux épaules du porteur. Inutile de tendre les bras vers l’arrière : placez les mains simplement près de votre nuque pour dégager la têtière, puis tirez sur le cordon, et la têtière remontera. ;-)

L'installation



 


En deux mots : elle est facile et rapide ! Le manuel d’instructions contient des pas-à-pas détaillés pour porter votre enfant sur le ventre ou sur le dos, mais sachez qu’il existe de nombreuses variantes, notamment pour porter sur le côté.
Comme pour tous les mei tai et porte-bébés préformés, veillez à faire descendre la base (cuisses et fesses) de votre bébé jusqu’au fond de la poche. Ainsi vous profiterez non seulement de toute la hauteur du dossier, mais ce n’est que lorsque votre enfant sera installé en assise profonde qu’il pourra basculer son bassin vers vous et remonter ses genoux légèrement plus haut que ses fesses dans la position dite « physiologique ».

Conclusion


Si son aspect « épais », « encombrant » en comparaison à une écharpe ou à d’autres mei tai ne semble pas attirer les parents, le Bondolino de Hoppediz a pourtant beaucoup pour plaire : confortable et pratique, il vous conviendra probablement si vous cherchez une solution qui ne nécessite pas de long apprentissage technique ou si vous avez rapidement mal au dos. Par ailleurs, le croisillon et le système trouvé pour remonter le cale-tête démontrent le souci du fabricant de rendre son produit accessible à un maximum de parents, en limitant l’amplitude du geste nécessaire. En cela, le Bondolino peut être une solution de portage intéressante si vous manquez de souplesse.


 Le porte-bébé est fourni avec un sac de rangement assorti, que l’on peut porter sur son dos ou son épaule. Vendu à partir de 99 euro, le Bondolino a également un très bon rapport qualité/prix.


Toutes les photos: Anne Piccin

lundi 10 juin 2013

La Petite écharpe sans noeud - le nouveau porte-bébé JPMBB



Chez Je Porte Mon Bébé, les histoires commencent en images et sur un air de musique. C’est le film du quotidien de jeunes parents, transformé par un nouveau porte-bébé, un film comme une mise en bouche, qui donne envie de sentir son tout petit contre soi, tout en gardant les mains libres. C’est ce teaser qui, il y a six ans, nous avait fait craquer pour la célèbre écharpe française en coton/lycra. Sera-t-il de même avec leur tout nouveau sling, la Petite écharpe sans nœud ?


Après l’écharpe longue et l’écharpe courte, voici donc un « sling », c’est-à-dire une écharpe réglable grâce à deux anneaux dans lesquels coulisse le tissu. Il est confectionné non plus en coton/lycra, mais en viscose. Trois points à retenir :
  • C’est un sling tricoté. Il permet d’installer un enfant jusqu’à 14 kg dans une simple poche de tissu ajustable à son gabarit.
  • C’est un porte-bébé au coloris double-face : il a deux couleurs. À vous de choisir la face que vous souhaitez porter.
  • Les anneaux peuvent être cachés à l’intérieur d’un fourreau matelassé amovible, le Pad : ainsi, ni vous ni votre bébé n’êtes gênés par le contact des anneaux en aluminium.

À La tête dans les nouages, nous avons eu la chance de tester la Petite écharpe sans nœud en avant-première. Marie l’a testée avec Aimé, âgé de 11 mois et pesant environ 10 kg. Laurie l’a testée avec Capucine, âgée de 8 mois et pesant 9 kg.




Voici nos impressions sur …

… l’aspect de la Petite écharpe sans nœud !


Le design sobre et minimaliste, sans motif et sans rayures de la Petite écharpe sans nœud vous plaira si vous n’aimez pas avoir l’air de porter un foulard. C’est un porte-bébé au look passe-partout : les coloris unisexes (noir, gris, olive …), toujours bien représentés dans les collections Je Porte Mon Bébé, s’accordent facilement à la garde-robe de tous les jours. Et comme il est réversible, vous pouvez varier les couleurs selon vos vêtements ou vos humeurs. Que vous choisissiez d’installer le sling de manière classique (seule la queue du sling montrera la face B) ou en utilisant la variante avec une vrille dans le tissu (les deux faces seront visibles sur votre buste), ce porte-bébé réversible vous permet de jouer avec les couleurs et d’accentuer le relief du nouage et de l’installation.


 


L’étiquette mentionnant les caractéristiques du produit est savamment dissimulée à l’intérieur de la couture des anneaux pour un produit esthétiquement plus classe. Quant à l’étiquette de la marque, brodée en gris clair, elle est visible sans pour autant vous transformer en publicité ambulante.
Et avec son faible encombrement, la Petite écharpe sait se faire oublier dans vos déplacements de tous les jours, au fond du sac à main, en boule dans la boîte à gants ou sur le tableau de bord de la voiture, dans le sac à langer ... Prête à surgir pour vous aider au plus vite.

… la matière !


L’étoffe en viscose est incroyablement douce au toucher ! Si vous n’appréciez pas le côté « rêche » ou « rigide » des écharpes tissées, vous serez certainement séduit par le toucher soyeux de la Petite écharpe sans nœud. L’étoffe, fluide, coulisse sans peine à travers les anneaux, de sorte qu’au moment du serrage, elle ne forme pas des « paquets » de tissu qui bloquent le réglage, comme cela peut arriver avec un sling tissé mal enfilé. Les plis restent bien rangés, les ourlets sont faciles à dégager. Petite précision pour les habitués du sling tissé : si vous avez l’habitude de régler le tissu en saisissant les plis loin des anneaux, essayez ici d’attraper les plis relativement près des anneaux.
Sur la peau, la viscose est presque rafraîchissante et donc tout à fait adaptée au portage en été ou dans des régions plus chaudes.
Au premier contact, l'étoffe est surprenante. On peut même rapidement penser « C’est léger. » Alors oui, léger, mais en même temps maousse costaud. La matière offre un soutien irréprochable – ceci constitue sans aucun doute l’innovation principale de la Petite écharpe sans nœud. Car jusqu’ici les étoffes tricotées étaient réservées aux installations à deux ou trois couches. Ici, comme les deux faces du sling sont cousues ensemble, on manipule en réalité deux couches en une.
Avec un bébé prenant du poids, il ne faut pas hésiter à réaliser une vrille de tissu volontairement à l'installation du sling dans les anneaux, car cela renforce les lignes de soutien de la viscose et augmente encore un peu plus le confort.



… la confection de la Petite écharpe sans nœud !


Les bords de la Petite écharpe sans nœud sont ourlés et par conséquent ils ne « flottent » et ne baillent pas comme c’est le cas pour certaines écharpes tricotées dont les bords sont simplement surjetés. Les ourlets ont la même tenue que ceux d’un sling tissé et ils répondent facilement au réglage.
Pour éviter que les coutures des ourlets ne craquent – ce qui ne réduirait aucunement la sécurité du porte-bébé – il suffit de soulever d’une main votre bébé au moment où, avec l’autre main, vous réglez pli par pli le tissu du sling.
La Petite écharpe sans nœud est légèrement plus courte, mais surtout un peu plus étroite qu’un sling standard. La légère élasticité de l’étoffe dans la largeur permet de bien assoir bébé au fond de la poche et de mouler sa base aisément, sans devoir gérer trop de surplus de tissu.

… le Pad !

 

Si vous portez déjà en sling, vous trouverez peut-être que le Pad est un accessoire superflu. Sachez que vous pouvez de toute façon le retirer : il n’est pas cousu au porte-bébé. En revanche, si les anneaux appuient sur vos clavicules ou votre thorax et que cela vous gêne, cette petite invention transformera certainement votre expérience du portage asymétrique.

 

 

Le Pad est en matière synthétique, ce qui lui permet de coulisser sans entrave sur l’étoffe, même en cours de portage. Son épaisseur est idéale : il n’est pas volumineux, il ne forme pas de « boule » sur les anneaux.
Sa forme asymétrique est pensée pour que l’ouverture large du Pad soit orientée du côté de la queue du sling : ainsi vous accéderez facilement aux anneaux. Mais rien ne vous empêche de choisir d’orienter le Pad dans l’autre sens, comme c’est le cas sur nos photos.
Le Pad a quelques fonctions associées: il peut servir à matelasser la ceinture de sécurité quand vous avez le sling sur vous en conduisant et protéger votre cou, il sert de jouet à triturer avec un léger bruit de cruissement pour bébé durant la balade, si vous portez le Pad assez haut, il peut aussi avoir un rôle de repose-sangle de sac bandoulière  ... C'est un Pad multi-usages!

Conclusion


La Petite écharpe sans nœud est le premier sling tricoté qui peut concurrencer les slings tissés : adapté au portage de la naissance jusqu’à 14 kg, léger, simple et rapide à installer. Si vous aimez un portage doux et un design épuré, ce sling vous conviendra probablement. Moins chaud, moins enveloppant et couvrant que l’écharpe Je Porte Mon Bébé, vous retrouverez cependant le côté « cocon » de l’écharpe et la facilité d’installation que vous avez appréciée avec le Nœud de Base.

La Petite écharpe sans nœud, c’est un peu la petite robe noire du portage, un porte-bébé qui sied en toute circonstance, mais qui vous sert avant tout : pour les trajets courts, lorsque vous faites des courses …  Simple à manipuler, pouvant être préinstallé, adapté aux différents gabarits de porteurs et de portés, et enfin innovant ! C’est du sling, mais c’est une nouveauté sur le marché du porte-bébé. C’est l’occasion de découvrir ou de re-découvrir le portage asymétrique.


Toutes les photos: Anne Piccin