samedi 16 janvier 2016

Le PhysioCarrier de Je Porte Mon Bébé

 Hiver ou été, le Physiocarrier convient par tous les temps!

Le porte-bébé préformé PhysioCarrier de Je Porte Mon Bébé est commercialisé et présent dans notre porte-bébéthèque depuis printemps 2015 déjà, mais mon billet a tardé à voir le jour. C'est que je préférais attendre la naissance de mon bébé cet automne pour pouvoir le tester sans être gênée par mon ventre et surtout avec un vrai bébé plutôt qu'avec un poupon.
Tout d'abord, je vous invite à lire deux billets: celui de Clarisse, qui contient un descriptif complet de ce préformé très particulier, et ensuite sur le blog de Je Porte Mon Bébé le récit de la longue genèse du PhysioCarrier, des multiples prototypes jusqu'aux essais avec la version finale. Mon billet n'a pas la prétention d'être exhaustif: il n'abordera pas tous les aspects de ce porte-bébé et tentera plutôt de compléter ce qui a déjà été écrit.

Un porte-bébé préformé dès la naissance?


Si certains moniteurs décrient le porte-bébé comme moins physiologique, moins "bien" que l'écharpe, voire le déconseillent pour le portage de nouveau-nés, il n'empêche que c'est un outil qui répond à une très forte demande des parents, et Je Porte Mon Bébé n'est pas le premier fabricant de porte-bébés "physio" à l'avoir compris! Bon nombre d'entre eux essayent de rendre leur produit d'une façon ou d'une autre adaptable "dès la naissance" ou "à partir de 3,5 kg" (moyennant une culotte de réduction, un coussin, des cordons etc.). Il ne faut pas se voiler la face: boucler une ceinture autour de sa taille, enfiler deux bretelles, c'est, pour beaucoup d'entre nous, nettement plus simple et cela correspond davantage aux gestes que nous effectuons quotidiennement (ceinture de sécurité, sac à dos, vêtements ...) que disposer du tissu en vrac autour de son corps et créer une poche capable de soutenir confortablement et de façon sécure un bébé. Par ailleurs, un harnais réglé par des boucles et des clips ne se relâche en général pas, ce qui permet de se déplacer réellement les mains libres, sans devoir réajuster du tissu par ci ou par là. Lorsqu'on se déplace en ville, avec la main gauche qui tient l'enfant n°1, la main droite qui tient l'enfant n°2 et que le n°3 est contre vous, mieux vaut avoir une solution de portage sans risque de décapsulage. Vous l'aurez compris: je fais partie de la frange des moniteurs qui incluent le préformé dans les options ouvertes aux nouveau-nés, et j'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir la réponse proposée par Keren et Olivier, le couple "JPMBB".

 Portage dorsal avec Aimé, 2 ans et demi, clapet du dossier déroulé.

 Portage dorsal avec Nathéo, 3 ans et demi, clapet du dossier enroulé.

L'aspect


Je ne vais pas m'attarder sur le look du porte-bébé et les rappels esthétiques des autres produits de la marque. J'avoue que les premières images publiées du PhysioCarrier ne m'ont pas séduites d'emblée: ce simili cuir et ce filet évoquaient dans mon esprit un habitacle de voiture ou de l'équipement sportif. Mais probablement lui a-t-on donné ce look viril à dessein.
Signalons en revanche que lorsque le PhysioCarrier est utilisé avec le "booster", ce rehausseur optionnel que l'on cale au fond du dossier, sous l'assise du bébé, l'aspect du porte-bébé, son rendu "en action" changent de ce que nous connaissons visuellement avec d'autres préformés. Là où nous sentons d'habitude le bel arrondi formé par les fesses du bébé, directement logées au fond du dossier, il y a à présent cette espèce de bouclier: un cale épais, ressenti par certains porteurs comme un corps étranger, car il réduit la prise d'appui sur le ventre du porteur, et donc aussi le contact entre porteur et porté. Le booster est encombrant lorsqu'on souhaite plier et ranger le porte-bébé, lorsqu'on porte le porte-bébé à vide sur soi ou - plus embêtant - lorsqu'on porte bébé en ventral et qu'on s'assoit ou qu'on s'accroupit. Cependant, malgré l'inconvénient du volume, il est un accessoire innovant et utile, qui permet au PhysioCarrier de se distinguer de tous les autres porte-bébés préformés que je connais.


Le booster, un rehausseur innovant


L'idée d'ajouter un rehausseur pour adapter un porte-bébé aux mensurations et à l'hypotonie d'un nouveau-né n'est pas neuve. Depuis plusieurs années déjà, la marque américaine Ergobaby propose un réducteur composé d'une couverture rembourrée et repliée sur elle-même et dans laquelle on insère un plot en mousse. Si leur forme trapézoïdale est similaire, les dimensions et surtout la mousse utilisée sont en revanche très différentes. Celle d'Ergobaby est moelleuse, tandis que celle utilisée par JPMBB est dense et ferme. C'est que le booster JPMBB n'est pas tant un coussin qu'un cale: il ne faut pas que le bébé hypotone s'y enfonce. Il faut au contraire qu'il offre au bébé une surface d'appui aussi soutenante et fiable que le bras ou la main du porteur lorsqu'il tient son bébé, un plan, une fondation sur laquelle il peut ériger seul son corps et se tenir de manière autonome.
Ce qui semble avoir présidé la conception du booster, c'est selon moi la notion chère à JPMBB de la "motricité libérée", c'est-à-dire d'une installation et d'un accompagnement de la posture du bébé qui permettent à celui-ci d'être l'acteur de son développement moteur au lieu de juste subir la lourdeur de son corps. Dans ce booster, je lis la fine connaissance des techniques utilisées en néonatologie pour stabiliser les prématurés en position fœtale à l'aide de cales. Et je retrouve quelque chose du Cocoonababy de la marque Red Castle, un matelas ergonomique doté d'un boudin que l'on place justement en-dessous des jambes de bébé pour maintenir celles-ci regroupées.



La seconde fonction du booster est, comme je l'évoquais plus haut, de préserver l'abdomen et le périnée du porteur en créant une zone tampon sur laquelle le corps du bébé ne vient pas directement appuyer. La trop forte pression sur les muscles du bas-ventre est en effet un des points faibles des porte-bébés préformés, raison pour laquelle certains moniteurs de portage le déconseillent même aux mamans qui viennent d'accoucher. Ces muscles ont été fortement sollicités durant la grossesse et lors de la naissance. Or, c'est précisément à cet endroit que l'on installe la ceinture ventrale d'un préformé.
Pour permettre au ventre de "respirer", il y a donc l'écran formé par le booster. Mais il y a aussi et surtout deux petites sangles sur le dossier, les sangles latérales. Il s'agit là de l'autre grande innovation du PhysioCarrier.

Des sangles pour mieux répartir l'appui


Ajuster la hauteur du tablier, ce n'est pas neuf. Storchenwiege le fait sur son BabyCarrier moyennant des cordons, Baby Roo sur son préformé Huckepack moyennant des rubans sangles. La nouveauté du PhysioCarrier est de combiner le réglage en hauteur avec la répartition du poids de l'enfant sur le corps du porteur. Pour cela, JPMBB prolonge les sangles et les intègre d'un côté dans les bretelles, de l'autre dans la ceinture. Ainsi, quand on serre les sangles, le poids de l'enfant est relevé vers les épaules. Cela n'impacte pas la hauteur de portage (les sangles ne le hissent pas vers le haut) mais le ressenti du portage: on passe du portage "bas" (sur le ventre ou les hanches) typique des préformés à un portage "haut" (sur les épaules), tel qu'on le fait souvent avec une écharpe de portage ou un porte-bébé de style "onbuhimo" qui se passe de ceinture ventrale (ex. l'onbuhimo de Baby Roo ou les préformés bouclés "façon onbu" chez Baby Roo ou Buzzidil). On sent nettement la pression diminuer sur l'abdomen: la sangle de la ceinture ne cisaille pas au niveau de la taille, elle se dégage légèrement du corps du porteur.


En pratique


J'ai commencé à tester le PhysioCarrier lorsque mon bébé avait 10 jours, mais il m'a fallu un peu de temps pour l'apprivoiser et développer une économie des gestes, c'est-à-dire trouver un enchaînement pertinent, rapide et facile des manipulations pour positionner bébé, placer et ajuster le porte-bébé sur son corps.
En portage ventral avec le booster, on peut porter un nouveau-né à hauteur de bisous (sa tête en-dessous de notre menton) tout en plaçant la ceinture ventrale sur les hanches.

 Placer la ceinture ventrale plus bas pour éviter d'avoir la vue cachée par le visage de bébé

Les bretelles du PhysioCarrier m'ont donné du fil à retordre! D'abord à cause de leur angle d'ancrage dans le dossier: elles sont cousues de manière à s'écarter du visage du bébé et à dégager le cou du porteur. Or, cela peut poser problème aux porteurs qui ont des épaules fuyantes. Mais même moi, qui ai des épaules larges, même le papa avec sa carrure de papa craignions que les bretelles ne glissent des épaules! Le papa se sent plus à l'aise en croisant les bretelles dans le dos. J'ai fait pareil lors des premiers portage, puis je me suis remise à porter avec des bretelles bouclées "droites", tout en veillant à bien serrer la sangle transversale qui les relie, et j'ai apprivoisé cette nouvelle sensation d'une nuque très dégagée.


Le second souci que j'ai eu est lié au rembourrage exceptionnel des bretelles: elles sont très épaisses de façon à bien absorber le poids de l'enfant. Tant mieux, cependant je trouve que le rembourrage rend le contact de la bretelle contre les côtes et les aisselles douloureux, tant en portage dorsal qu'en ventral, tant avec un nouveau-né qu'avec un bambin. Sur la photo suivante, je porte mon fils qui avait alors presque trois ans en croisant les bretelles sur la poitrine pour épargner mes côtes endolories - chose que je ne fais avec aucun autre préformé.

 Portage dorsal avec les bretelles croisées sur le buste

Au fil des portages, je me suis finalement habituée à ce désagrément, comme pour la nuque, et je l'ai de moins en moins ressenti. Mais je crois que le porte-bébé gagnerait en confort si on réduisait le rembourrage sur cette portion de la bretelle.
Bien que Je Porte Mon Bébé ne recommande pas l'utilisation de son porte-bébé sur le dos avant l'âge de 6 mois, je l'ai testé en portage dorsal avec mon bébé dès l'âge de 5 semaines. Le résultat était épatant, dès le premier essai! Bébé est parfaitement soutenu et ne bouge pas d'un poil, même si j'effectue toute sorte de tâches en parallèle. Le boudin pour caler la nuque suffit amplement, je ne me suis pas servie de la têtière.


J'ai préféré ne faire ni pré-installation ni passage ventre-dos par la hanche (technique illustrée dans la notice) pour pouvoir porter et soutenir mon petit bout avec mes mains le plus longtemps possible. Cela me permet aussi de le positionner d'emblée plus haut que si je l'avais passé au dos par la hanche. Donc oui, c'est techniquement possible d'utiliser le PhysioCarrier dès les premières semaines sur le dos, mais c'est à chaque parent de déterminer le moment (ou non) du passage au dos en fonction de ses besoins, ses compétences techniques, ses envies, sa confiance en soi. Si vous avez besoin d'aide, n'hésitez pas à contacter un moniteur de portage.


Pour ajuster le PhysioCarrier, je recommande, comme pour tous les autres préformés, de commencer par relâcher les sangles. Ainsi, on pourra aisément recouvrir bébé du tablier, quelque soit son gabarit ou l'épaisseur des vêtements qu'il porte. Si l'on porte en ventral, il faut tenir compte du fait que les bretelles ont des boucles de réglage bi-directionnelles et qu'il est plus facile de serrer les sangles en tirant vers l'avant que vers l'arrière. Pour éviter de devoir se contorsionner, on peut préparer les bretelles à l'avance, avant d'avoir bébé contre soi, en serrant au maximum la sangle qui va de la bretelle à la boucle (la partie "arrière") et en desserrant au maximum celle qui va de la boucle au tablier (la partie "avant").

Pas si facile de serrer efficacement la partie "arrière" de la sangle! Le plus simple est de la pré-régler avant d'installer bébé.

Il n'est pas nécessaire de serrer la ceinture ventrale très fort. On pourra même la relâcher à la fin de l'installation, car bébé sera maintenu contre vous grâce à la tension des autres sangles.
On positionne ensuite bébé contre soi. Ce sera a priori en ventre-à-ventre, car la présence du booster complique les installations non-orthodoxes "de profil" ou "décentré" (pas impossibles mais moins concluantes). Avant de remonter le tablier, il faut s'assurer que le booster soit redressé de sorte que sa face la plus large soit sous les fesses de bébé et qu'il puisse s'assoir dessus. Si d'une main vous tenez votre bébé et que de l'autre vous maintenez le booster en place, il vous en manquera une troisième pour remonter le tablier. Ce que vous pouvez faire, c'est lâcher le booster, placer votre main à l'extérieur, sur la ceinture, et d'un seul geste remonter le tablier sur le dos de bébé tout en pivotant au passage le booster et en le calant sous ses fesses. Ça marche très bien!
Tout en calant bébé au plus près de soi, on ajuste les sangles des bretelles, puis, pour finir, les petites sangles latérales sur le dossier. Juste ce qu'il faut, sans exagérer, car si on serre trop, bébé sera plus "dos écrasé" que "dos arrondi". De même, si après quelques minutes de portage vous constatez que votre enfant s'affaisse dans le dossier (par exemple parce qu'il s'est endormi), il n'est pas forcément nécessaire de serrer davantage les sangles latérales: cela tasserait encore plus son dos et risquerait de compromettre sa respiration. Mieux vaut corriger sa position puis resserrer les sangles des bretelles qui, elles, calent bébé contre vous sans le tasser.

En résumé, comme pour l'écharpe JPMBB Originale, qui a surpris plus d'un utilisateur rodé aux écharpes sans élasthanne, le PhysioCarrier n'est pas plus compliqué qu'un autre préformé, mais il est différent et nécessite qu'on désapprenne certaines habitudes. C'est un porte-bébé particulièrement respectueux du corps du porteur dans sa conception.

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